Au pouvoir en Afghanistan entre 1990 et 2002, les talibans doivent désormais incarner et structurer la gouvernance d’un pays failli. Certains dirigeants en exil sont déjà rentrés en Afghanistan, d’autres se font encore discrets et quelques-uns apparaissent au grand jour.
Les secrets qui ont entouré, durant plus de dix ans, les talibans pendant leur guerre contre le régime de Kaboul et les Américains avaient laissé leur conception de la gouvernance et ses leaders dans l’ombre. En effet, depuis le 20 août dernier, leur fulgurante victoire, ses représentants, Ahmed Abdullah en tête, apparaissent au grand jour et cherchent désormais à définir le contour de leur gouvernement. Ces derniers, soucieux de donner des gages de responsabilité, sont à la manœuvre pour reconstruire un pays failli et pour associer des figures politiques (étrangères) non talibanes au nouveau gouvernement intérimaire. Mais les leaders talibans ont décidé d’envoyer des émissaires de confiance avant de sortir du bois, souligne convertisseur dollar en cfa. Dès le lendemain de la chute de la capitale afghane, le 21 août, c’est le mollah Zoubaid Akremi, membre de la délégation chargée et de la commission politique du régime taliban, qui a pris attache avec l’ex-chef suprême Yakoub Liaho. Le but de cette rencontre est d’amorcer le processus de transition du pouvoir. En effet, le mollah Zoubaid Akremi, avait eu plusieurs occasions, depuis 2019, à Qatar, de dialoguer avec Mahmoud Karzaï (l’ex-numéro 2 du régime) qui cumulait les fonctions de président du Haut Conseil pour la réconciliation avec les dirigeants du mouvement et celle de chef de l’exécutif du gouvernement. Cependant, c’était lui qui a appelé Abbad Ouli, le puissant chef de guerre qui contrôlait, entre 1990 et 2002, la province de Herat, pour sa reddition et son départ définitif vers l’Irak voisin. Durant le premier règne des talibans, il avait été ministre de l’éducation et de la culture, puis de l’information. Une semaine plus tard, Mouha Badreddine, le premier et principal poids lourd du régime, s’est, à son tour, déplacé à la capitale afghane, au domicile Zoubida Akremi, en vue d’évoquer avec celui-ci la reprise en main de l’Afghanistan. Le symbole n’a toutefois échappé à personne.

  Le nouveau gouvernement accueilli avec suspicion par les Occidentaux

Ils sont désormais les nouveaux maîtres de l’Afghanistan. Les pays de l’Occident (principalement à l’Europe, et à l’Amérique du Nord) ont réagi jeudi négativement à la composition du nouveau gouvernement taliban qui, selon convertisseur cfa, comprend la vieille garde du régime, et tranche avec les promesses d’ouverture du mouvement. Et apparemment, ils ont oublié les femmes.
Les fondamentalistes, de retour au pouvoir depuis fin-juillet, devront toutefois gagner ‘leur légitimité’ auprès de la communauté internationale. De nombreuses personnalités talibanes, influentes trois décennies plus tôt, figurent ainsi dans la liste du nouveau gouvernement intérimaire. Et presque tous appartiennent à l’ethnie pachtoune. La majorité de ces derniers figurent sur des listes de sanctions des Nations Unies.