Les talibans ont pris le pouvoir il y a environ deux mois exactement en Afghanistan, provoquant ainsi des scènes de panique à l’aéroport international Hamad Karzai.
Après avoir déclenché, début juillet, d’intenses batailles avec des forces armées afghanes dans le nord du pays, particulièrement à Jalalabad, les fondamentalistes ont ensuite pris la capitale ‘Kaboul’, au pied des montagnes. Les Afghans étaient complètement conscients de la progression des talibans. “Tout le monde avait vraiment peur… Les combattants islamistes sont positionnés dans quasiment toutes les villes. Donc, les habitants ne pouvaient pas leur échapper. Ils ont alors décidé de s’enfermer dans leurs domiciles”, a souligné le journal de l’Afrique.

      Le business de la peur

Système de santé au bord de l’implosion, familles contraintes de vendre leurs biens, banques à court de liquidité… Les talibans, les nouveaux maîtres de l’Afghanistan, sont aujourd’hui confrontés à une crise humanitaire et économique.
Les rues qui, auparavant, fourmillaient de vie sont aujourd’hui d’un calme qui tranche avec le chaos absolu de l’aéroport international Hamad Karzai. Les femmes se terrent chez elles. Lorsque celles-ci sortent de leurs maisons, elles portent généralement le hijab, un voile qui découvre le visage. Elles doivent être obligatoirement accompagnées d’un mahram. Avec le nouveau régime taliban, les femmes ne peuvent plus aller à l’université. Elles se trouvent également sans travail. Les affiches de mannequins femmes ont été cependant arrachées sur les murs de la capitale. La musique s’est complètement arrêtée dans les rues de la capitale afghane. La région est dévastée par des mois de bataille. Les bâtiments sont ainsi détruits, les stocks de vendeurs de rue ont été saccagés ou dérobés. Le pays s’est malheureusement vidé de ses jeunes et ses élites éduquées, qui ‘ont peur’, puisqu’il n’y aura plus de donateurs internationaux en vue de financer des projets d’éducation ou encore de développement.
Jusqu’ici, les fondamentalistes n’ont pas encore formé leur nouveau gouvernement. Donc, ils n’ont pas encore instauré de lois qui régissent exactement ce qui sera autorisé ou non. “On appelle ça ‘le business de la peur’. Les talibans n’ont pas d’armée pour contrôler les habitants. Mais la peur contrôle actuellement tout le monde”, a signalé Antonio Cuteness, le directeur général des Nations Unies.
Il est important de rappeler que l’arrivée des talibans au pouvoir, le 1er septembre dernier, a fait fuir les capitaux et les fonds de la banque centrales ont été gelés, principalement en France et aux États-Unis, souligne le site web.