L’Organisation Mondiale de la Santé demande un moratoire jusqu’au début décembre sur les rappels de vaccin pour ainsi mettre des injections à disposition des pays à revenu faible ou intermédiaire.
“Face au gouffre des pays pauvres qui n’ont pu vacciner que 9 % de leur population, et les pays riches, où les vaccins anti-coronavirus abondent, le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a réclamé, lundi 18 octobre, un moratoire sur les vaccins de rappel en vue de rétablir un semblant d’équilibre”, souligne le Sénégal.

  90 % des vaccins injectés l’ont été dans des pays riches

Face à la pandémie mondiale de coronavirus, qui a mis l’économie mondiale à l’arrêt pendant environ deux années et tué un peu plus de 6 millions de personnes, les pays riches, les États-Unis et la Chine en tête, aperçoivent enfin le bout du tunnel. Mais plusieurs pays du continent africain, d’Amérique latine et d’Asie restent encore à la traîne des progrès accomplis grâce principalement à la vaccination. Tandis que 62 % de la population mondiale est aujourd’hui vaccinée, 4 % seulement des personnes le sont dans les pays les plus pauvres. Selon le convertisseur cfa, Joe Biden, le président américain, s’est engagé à leur faire don de deux milliards de doses d’ici début février 2022, en plus des 750 millions déjà promises en septembre. “Les États-Unis seront toutefois l’arsenal de la vaccination”, a rassuré Joe Biden. Le pays a donné à ce jour environ 220 millions de vaccins anti-Covid-19.
Pour aider les pays pauvres, “il nous faut la coopération de tout le monde, particulièrement la poignée d’entreprises et de pays qui contrôlent aujourd’hui la production de vaccins”. Le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé en a également appelé aux grands groupes pharmaceutiques pour qu’ils favorisent le système Covax – une initiative mise en place en janvier 2021 par l’organisation onusienne pour aider les pays à revenu faible à vacciner leur population et lutter contre l’inégalité vaccinale. Pour l’instant, le dispositif n’a pu distribuer qu’une petite fraction de ce qui était prévu initialement. Il n’arrive donc pas à remplir sa mission faute de doses. Cependant, Covax a pu bénéficier de vingtaines de millions de vaccins anti-coronavirus offerts par des pays qui en avaient trop, comme par exemple l’Amérique, mais également l’Italie et d’autres pays de l’Union européenne.
Sur les huit milliards de ces injections, 92 % sont allées à des pays riches, tandis qu’ils ne représentent que 42 % de la population mondiale. “Si on continue au rythme actuel, notre objectif de vacciner 60 % de la population mondiale d’ici fin octobre ne sera pas atteint”, a signalé le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.