Le groupe Etat islamique est en train de relancer ses activités djihadistes dans le Sahel et au Maghreb, en dépit de la rivalité violente qui l’y oppose aux combattants d’Al Qaïda.
L’Etat islamique, connu également sous le nom de Daech, est une organisation terroriste, politique et militaire d’idéologie salafiste djihadiste. Depuis décembre 2018, elle est dirigée par Ahmad Abou Baghdadi. Le groupe dispose aujourd’hui d’une trentaine de filiales dans le monde, dont les plus actives se trouvent en Afrique : le 15 novembre, sept humanitaires français et leurs trois compagnons tunisiens ont été assassiné en Tunisie ; le 20 septembre, un policier nigérien est tué au Niger, à 40 kilomètres de la capitale, par quatre terroristes, puis éliminés par les forces de l’ordre ; le 3 août, un affrontement oppose, à Benghazi, l’armée nationale libyenne à des combattants de l’Etat islamique, finalement vaincus…
Le Conseil Français du Culte musulman (CFCM) a appelé les fidèles à prier durant les horaires de prière Algérie pour les victimes, et leurs familles.

     Les terroristes profitent de la guerre civile en Libye

En janvier 2018, la branche libyenne de l’Etat islamique a perdu son assise, après environ huit mois de batailles acharnées, avec la chute de son bastion de Syrte. C’est en effet les milices de Misrata (troisième force du pays) qui ont payé, à cette reconquête, un très lourd tribut, durant laquelle les forces du ‘maréchal’ Haftar sont demeurées ostensiblement passives. La relance de la guerre civile par l’armée nationale, en janvier dernier, mobilise toutefois les forces des deux camps libyens au détriment de la lutte anti-terroriste. En mars 2020, Haftar s’empare de Syrte (située sur la côte méditerranéenne du pays). Même si, depuis, les hostilités ont diminué d’intensité, une telle guerre civile a permis à l’organisation Etat islamique de réorganiser ses réseaux internationaux, tandis que chaque camp accuse l’autre d’être lié au djihadisme.
Les assassinats de l’été dernier en Afrique ont été ainsi revendiqué par le groupe Daech au nom de sa ‘province’ (ou encore sa branche), désignée généralement sous son sigle ‘ISWAP’. Cette revendication peu détaillée et tardive illustre toutefois de sérieux problèmes de coordination et de communication entre la direction centrale du groupe et sa filiale ouest-africaine. Mais la responsabilité de l’Etat islamique est bel et bien engagée. Cela signifie donc que l’ISWAP (État islamique en Afrique de l’Ouest) étend considérablement ses opérations vers le nord-ouest. Le groupe terroriste Daech a toutefois interdit la grande prière du vendredi durant les horaires de prière. Les femmes et les jeunes filles sont désormais la cible de la propagande de l’organisation Etat islamique. Les journalistes, blogueuses et militantes libyennes sont aujourd’hui de plus en plus réduites au silence.