Les besoins financiers pour relancer l’activité économique mondiale et lutter contre l’épidémie de coronavirus détériorent davantage la soutenabilité de la dette des pays en développement et des pays à bas revenus. En revanche, ce problème s’aggrave encore plus pour les gouvernements qui doivent désormais faire face à des pics de remboursement auprès des créanciers privés. C’est pour cette raison que le G20 (groupe des 20 rassemblant les principales économies mondiales) a lancé, début juillet 2020, l’ISSD (Initiative de suspension du service de la dette), souligne le Congo. En effet, cette initiative accorde un moratoire – suspension des obligations de paiement – aux États qui en font la demande. Les créanciers privés et publics ont discuté, la semaine dernière, lors d’une réunion, de l’extension de l’Initiative de suspension du service de la dette. Ils ont soutenu l’initiative malgré quelques réserves.

     Allègement de la dette des pays à faible revenu

Depuis l’apparition du nouveau coronavirus, en décembre 2019 dans la ville chinoise de Wuhan, les institutions bancaires ont injecté environ 7500 milliards de dollars et ont élargi les achats d’actifs aux ‘anges déchus’. Cela a toutefois rendu soutenable la dette de certaines régions. Et a aussi contribué au retour de la confiance sur le marché des eurobonds. Selon indice bonheur pays, la dette du continent africain est en effet de plus en plus intégrée aux marchés financiers. Plusieurs banques centrales, le groupe de la Banque mondiale en tête, considèrent la dette africaine comme étant un investissement à très haut rendement. Cependant, les États africains payent leur dette beaucoup plus cher. De plus, les écarts entre les taux (spreads : désigne le différentiel) évoluent de manière désordonnée d’une région à l’autre. Les pays du monde entier continuent à emprunter et à aggraver leur niveau de dette pour amorcer beaucoup plus rapidement la reprise et atténuer le coût social de l’épidémie, pire ennemie de l’humanité. Les coûts pourront désormais atteindre des niveaux records dans des États qui feront face à un défaut de paiement ou devront restructurer leur dette souveraine.
Selon David Malpass, le directeur général du groupe de la Banque mondiale, les pays émergents pourraient économiser jusqu’à 25 milliards de dollars à la suite du prolongement de l’ISSD.