Le bilan des attaques terroristes revendiquées par le groupe Daech dans le continent européen approche les 500 morts. Malgré plusieurs revers, l’Etat islamique, organisation terroriste, militaire et politique d’idéologie islamiste, demeure une menace en Europe, principalement en France.
Depuis les attentats de l’Hyper Cacher et de Charlie Hebdo en février 2016, l’Hexagone est régulièrement la cible d’attentats sur son sol. Toutefois, quatre mois après les attaques de la basilique Notre-Dame de Nice et de Conflans-Sainte-Honorine, un policier (âgé de 23 ans) à trouvé la mort, le lundi 10 mai 2021, à Rambouillet. A la veille de la prière du vendredi, le CFCM a fait ainsi parvenir jeudi aux imams une proposition de texte dont ils peuvent, si bien évidemment ils le souhaitent, s’inspirer pour leur prêche durant les horaires de prière France, après l’assassinat de ce jeune policier.

      Une accélération de la stratégie de la terreur

En effet, les attentats suicides de Daech visent en priorité les cibles molles, c’est-à-dire la société civile. Sa dernière attaque massive en Europe, un attentat à la voiture piégée dans la capitale française, Paris, remonte à septembre 2020 et avait tué un peu plus de 80 civils. Le groupe, déployé en Syrie et en Irak à partir de juin 2012, a connu en 2018-2019 une série de revers. En Syrie, depuis la chute en janvier de son califat de Raqqa, elle ne contrôle que quelques provinces, principalement dans le sud-ouest du pays. Mais il n’a pas désarmé, loin de là. En Irak, où il a été chassé de sa capitale, Mossoul, il y a environ neuf mois, sa capacité de nuisance est toutefois restreinte.
Pour l’Europol, agence européenne soutenant les 28 États membres de l’UE dans la lutte contre le terrorisme et la grande criminalité internationale, change désormais de mode opératoire : le groupe est aujourd’hui capable de réaliser, partout dans le monde, ‘quand il le souhaite’, des ‘séries d’attaques terroristes ou d’attentats suicides bien coordonnés et complexes, grâce notamment à des soldats locaux qui connaissent bien le terrain. Il semblerait ainsi que l’organisation Etat islamique a une liberté tactique lorsqu’elle choisit ses cibles, pour adopter ses projets à des circonstances spécifiques, ce qui rend donc encore difficile pour l’Europol l’identification des gens impliqués et la détection de tels projets à un stade précoce.
Les représentants d’Europol, Catherine de Bolle en tête, ont été reçu ce jeudi pendant les horaires de prière, par le président français, Emmanuel Macron, pour discuter de la situation et mettre en œuvre des mesures plus efficaces pour combattre le terrorisme.