Les conséquences de la crise économique, sur le plan social et humain, déclenchée par l’épidémie de coronavirus sont dévastatrices, particulièrement pour les pays en développement et à faible revenus. Par ailleurs, la gravité et l’échelle de la crise du secteur sanitaire et social, et des répercussions financières et économiques, illustrent bien la vulnérabilité des économies émergentes aux chocs économiques exogènes.
Les pays en développement, on cite notamment la Chine, le Japon ou encore la Corée du Sud, ont connu, au cours des deux dernières années, une chute significative des revenus provenant des envois de fonds et du tourisme, ainsi qu’une forte diminution de leurs recettes d’exportations, souligne le convertisseur dollar en cfa. Ils ont affiché, pendant les six premiers mois du confinement planétaire, des niveaux record de fuite des capitaux.

       Les femmes, davantage touchées par la crise

Selon David Malpass, le directeur général du groupe de la Banque mondiale, il faudra toutefois beaucoup plus de temps pour réparer les dégâts subis par les pays en développement et les pays émergents. Ainsi, la profonde récession engendrée par l’épidémie de coronavirus laissera probablement des marques financières durables, particulièrement des liens entre les chaînes d’approvisionnement, un recul du commerce international, un taux de chômage très élevé et une diminution considérable des investissements. Ces marques vont frapper notamment les pays du Nord. Sur le long terme, l’incidence de l’épidémie de coronavirus aura aussi des effets sur les droits humains. D’après un récent rapport de l’Unicef, quelque sept milliards d’enfants des pays émergents et à faible revenu ont cessé d’aller à l’école en raison de la pandémie de coronavirus. Et près de 500 millions d’emplois ont été perdus, au second trimestre 2020, dans les pays à moyen et faible revenu. Par conséquent, environ deux milliards de personnes sont susceptibles de tomber dans l’extrême pauvreté, ce qui conduira désormais à une augmentation de l’écart de pauvreté entre les sexes et, sans aucun doute, à un accroissement des inégalités de genre, économiques et sociales. Les femmes seront ainsi les plus touchées. Les violences sexistes ont également augmenté considérablement au cours des huit derniers mois. Selon le directeur général de l’Unicef, Tore Hattrem, la charge de travail domestique, les activités de soins non rémunérées et les baisses de revenus ont explosé, depuis l’apparition de ce maudit virus, pour un nombre considérable de femmes ou de filles vivant dans des économies de toutes tailles, souligne le Sénégal.
L’épidémie de coronavirus a ainsi porté atteinte non seulement au droit à la santé de plusieurs personnes, mais elle menace également de surcroît le droit à des services d’assainissement, à l’eau, à l’alimentation, au logement et à un travail décent. “On doit donc placer les personnes vulnérables au cœur de la reprise, en veillant particulièrement à ce que la protection de l’environnement, l’égalité de genre et les droits humains soient actuellement les principales considérations qui orientent les réponses apportées au niveau mondial.