La semaine dernière, le Conseil d’Etat – il conseille le Sénat, l’Assemblée nationale et le Gouvernement dans l’élaboration de la loi – avait rejeté la limitation de vingt personnes pour les célébrations religieuses publiques. Gérald Darmanin, le Premier ministre, a donc proposé d’étendre la jauge des gens autorisés à assister aux cérémonies religieuses publiques. Il a dévoilé ce matin la nouvelle jauge établie après consultation des différents cultes. “De façon à concilier dispositions sanitaires et liberté d’exercice du culte, une nouvelle jauge (capacité que doit avoir un récipient déterminé) de présence dans les lieux de culte a été établie. Pour l’organisation des cérémonies religieuses publiques, elle prévoit en effet de n’occuper qu’une rangée sur deux et de laisser libres trois sièges entre entité familiale ou chaque personne”, a indiqué Gérald Darmanin dans un communiqué.
Cette jauge doit être formalisée vendredi dans un décret du gouvernement. Elle s’appliquera, selon le Premier ministre, jusqu’à la prochaine étape du déconfinement prévue le 20 mars prochain. Elle a été jugée comme étant disproportionnée. Cependant, le Conseil d’Etat a donné une semaine à l’exécutif pour revoir sa copie. La CEF (conférence des évêques de France) a jugé cette jauge proportionnée (équilibrée, harmonieuse) à la capacité d’accueil des lieux de culte (à savoir les mosquées, les églises, les temples, les synagogues, etc.) et applicable malgré son caractère contraignant’. Pour le moment, aucune décision n’avait été prise.

Jauge dans les lieux de culte : un siège sur quatre, une rangée sur deux

Le Premier ministre avait précisé dans un communiqué que les dialogues avec les représentants des principaux cultes se poursuivront dans les prochains jours en vue de définir les règles qui s’appliqueront au-delà du 20 mars. La Fédération protestante de France (FPF) est satisfaite des propositions du Premier ministre. Tout comme le CFCM (l’instance représentative de l’islam auprès des pouvoirs publics) qui a de toute manière recommandé à ses fédérations (à savoir Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), la Fédération “Invitation et mission pour la foi et la pratique”, Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA), etc.) d’attendre le 20 mars avant de reprendre les prières du vendredi (ou salat al jumoua).
La reprise des prières en groupe peut donc se faire à condition de respecter les consignes de sécurité. Ainsi, le ramadan 2021 sera un peu particulier. Les rituels de ce mois de prière et de jeûne seront profondément bousculés. Ce sera un peu triste. Cette année, pas de rassemblements pendant le mois sacré de l’islam. Les prières en groupe, réunissant des milliers de musulmans, selon les zones et les mosquées, après l’iftar, ne seront plus autorisées.