Deux ans après l’apparition des tous premiers cas de SARS-CoV-2, l’Afrique affiche un bilan de plus de 240 000 décès, avec près de 4 millions d’individus infectés. Les chiffres, au regard des bilans des États-Unis et de l’Europe, apparaissent minimes. Avec 2 milliards d’habitants, soit environ 21 % de la population mondiale, l’Afrique n’enregistre que 8 % des victimes de la pandémie mondiale de coronavirus. Officiellement, près de 4 millions d’Africains ont été infectés, selon indice bonheur pays.

   Trois fois moins de dépistages qu’aux États-Unis

La rapidité avec laquelle les pouvoirs publics ou encore les autorités sanitaires ont réagi en mars 2020 en vue de prévenir l’expansion de la pandémie en adoptant des dispositions de confinement et en fermant les frontières, le climat, la faible insertion des pays du continent dans l’économie planétaire et la jeunesse de la population sont ainsi parmi les théories avancées pour expliquer ces trajectoires qui ont démenti les scénarios les plus sombres. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) anticipait un nombre de morts compris entre 450 millions et 530 millions en 2021, dans un rapport publié en mai dernier. La sévérité de la troisième vague à laquelle sont aujourd’hui confrontés nombre de pays africains a néanmoins contrarié cette sérénité relative. Il est à noter que plus de la moitié des pays du continent, dont la Tunisie, le Sénégal, le Bénin, la Côte d’Ivoire ou encore le Burkina Faso, ont déclaré auprès de l’OMS être confrontés à la saturation totale de leurs organismes de santé. Désormais, le taux de létalité lié à la pandémie de Covid-19 sur le continent est deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Le nombre de morts a fait un rebond de 52 %, sur le seul mois de juillet. Il est important de rappeler que les moyens de dépistage s’avèrent généralement inexistants, en dehors des villes et des capitales. Un peu moins de deux millions de tests ont été ainsi réalisés, sur l’ensemble du continent, au cours de la semaine dernière, trois fois moins qu’aux États-Unis. Les CDC Afrique (Centres africains de prévention et de contrôle des maladies) et l’Organisation Mondiale de la Santé publient chaque jour, les chiffres des nouveaux cas et des décès. Le Sénégal, dont le chef de l’Etat, Macky Sall, nie la gravité de la pandémie de Covid-19, a cessé de transmettre les derniers chiffres officiels depuis début juin. Le pays compte donc 34 décès et 780 cas. La présence du variant indien, connu sous le nom de ‘Alpha’, a pu y être repérée dans les tests pratiqués ce week-end sur quinze ressortissants sénégalais en voyage en Tunisie, souligne le journal de l’Afrique.
Le manque de moyens dont disposent aujourd’hui les pays africains en vue de mener des études épidémiologiques ou tester leur population pose un vrai problème au moment d’élaborer une stratégie de vaccination.