“L’islam est aujourd’hui en crise”. Cette phrase, prononcée par Emmanuel Macron, a suscité la colère (le mécontentement) dans les institutions islamiques et sur les réseaux sociaux. Le chef de l’Etat français a-t-il prononcé les mots de trop ? En tout cas, son discours vendredi dernier, durant les horaires de prière France, annonçant le futur projet de loi visant notamment à lutter contre le radicalisme et à défendre la laïcité face au ‘séparatisme islamiste’ a toutefois suscité l’indignation, la colère à travers le monde musulman, tant au sein des fédérations religieuses que sur les réseaux sociaux. Lundi matin, c’est le Conseil français du culte musulman (CFCM : ayant vocation à représenter le culte musulman en France) qui a qualifié de raciste, xénophobe, les propos d’Emmanuel Macron et dénonce ‘des accusations visant la religion musulmane’. “De telles déclarations racistes sont de nature à enflammer une fausse confusion entre la réalité des valeurs auxquelles appellent les religions, et les sentiments de plus de trois milliards de fidèles dans le monde”, déclare Mohamed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman.

       Une religion “en crise”

En Effet, le CFCM s’est toujours efforcé, ces trois dernières semaines, à dénoncer les attaques terroristes à travers le monde, pour combattre les confusions associant actuellement l’islam traditionnel aux courants les plus radicaux, extrémistes. Néanmoins, l’association a perdu son autorité et son influence auprès de la jeunesse musulmane française. Pour sa part, Recep Tayyip Erdogan, le président turc, a qualifié d’attaque sans précédent contre la religion musulmane le discours de Macron d’un pays qui se targue d’égalité, de démocratie et de liberté.
En effet, le chef de l’Etat français a annoncé son futur projet comme une lutte contre les ‘séparatismes islamiste’, mot qu’il emploi depuis environ deux ans, mais qui peut toutefois fausser le débat et porter à confusion. En effet, le but est-il de lutter contre le salafisme, l’islamisme, le djihadisme ou encore certaines pratiques musulmanes ? Plusieurs fédérations ont ainsi dénoncé “une stigmatisation” des musulmans, ce qui a poussé les autorités à procéder à un changement de nom du futur projet de loi en “Projet de loi renforçant les valeurs républicaines et la laïcité”. La liberté de conscience garantit ainsi le droit de prier dans la rue. En clair, une prière de rue durant les horaires de prière n’est pas a priori illégale.