C’est une première dans l’Histoire du monde arabe. “Une femme, âgée de 63 ans, va former un nouveau gouvernement en Tunisie. C’est historique. C’est un hommage à toutes les femmes tunisiennes et un honneur pour la Tunisie”, a déclaré Kais Saied, le président de la République.
Najla Bouden, scientifique de formation, et plus précisément ingénieur en géologie, et professeur de l’enseignement supérieur, a été chargée de former un nouveau gouvernement aussi rapidement que possible. Elle est inconnue du grand public. Selon le journal de l’Afrique, elle n’a pas une grande expérience politique. Avant sa nomination surprise, madame Bouden était chargée du projet PromESse (Projet de Modernisation de l’Enseignement Supérieur en soutien à l’Employabilité). Elle est ancienne haute fonctionnaire au ministère de l’Enseignement supérieur chargée notamment de faciliter l’accès au marché de l’emploi des diplômés du supérieur. “C’est une femme très intelligente. Elle comprend bien les gens. Elle est forte de caractère… Polyglotte, Bouden dispose également de ‘soft skills’ non négligeables… C’est une personne qui sait vraiment ce que c’est vraiment qu’une stratégie”, souligne madame Bouadjila Nourane.

  Le président tunisien entend rester seul maître à bord

Désormais, la doctorante en géologie doit tenter de colmater (ou encore obturer) les failles formées par le séisme politique du 26 juillet dernier, date à laquelle le président Kais Saied s’est arrogé des pouvoirs exceptionnels. Il a gelé le Parlement et limogé son Premier ministre (et chef du gouvernement), Hicham Mechichi.
Cette nomination ne fait cependant pas oublier que le président tunisien entend rester maître à bord. La mission de cette doctorante en géologie nécessitera donc qu’elle s’entende parfaitement avec Kais Saied, tant ce dernier a fait comprendre que le Premier ministre sera étroitement sous ses ordres. “En effet, cette désignation intervient tandis que l’exercice solitaire du pouvoir par Saied avait attiré, ces deux derniers mois, plusieurs inquiétudes au sein de la société civile tunisienne et de la communauté internationale”, souligne indice bonheur pays.
Le président de la République veut néanmoins éviter tous les blocages connus du temps où Mechichi Hichem était Premier ministre. Les deux hommes s’étaient par ailleurs livrés un conflit froid aggravant la paralysie de la vie politique en Tunisie.