L’assassinat barbare du professeur d’histoire-géographie, Paty Samuel, a engendré une crise internationale. Pour avoir souligné, lors de l’hommage de l’enseignant, que l’Hexagone ne renoncerait jamais aux caricatures, Emmanuel Macron, le président de la République, est actuellement en butte à l’hostilité de larges pans de la communauté musulmane.
Ce n’est pas une alliance, mais l’embrasement est toutefois général. Quelques extraits, mots du discours du président français, mardi durant les horaires de prière, suscitent désormais l’indignation et la colère dans plusieurs pays musulmans.
A la date de ce jeudi, des propos acerbes envers Macron, ainsi que des appels à boycotter les voyages vers la France, voire les produits français, ont déjà retenti au Pakistan, au Maroc, au Qatar, au Koweït, en Jordanie, en Iran ou encore en Turquie.

     Le “séparatisme” a allumé la mèche

“Personne ne peut faire croire que la religion musulmane n’est pas compatible avec la République”.
Après avoir rappelé la série d’attaques terroristes qui ont frappé la région européenne, particulièrement la France, depuis la tuerie de Charlie Hebdo en 2016, et ont fait une centaine de morts, le président explique que son pays est attaqué pour la liberté d’expression, la laïcité, ses valeurs, et qu’il ne “cédera rien”.
“Mais ses déclarations, selon lesquelles l’islam ou la religion musulmane est aujourd’hui en crise sont toutefois une provocation claire, dépassant le simple manque de respect”, a signalé Mohamed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman. “Cette fois-ci, le président français a dépassé les bornes”, ajoute-t-il.
“Ainsi, de telles déclarations racistes sont de nature à enflammer une fausse confusion entre la réalité des principes auxquels appellent les religions, les sentiments de plus de trois milliards de musulmans dans le monde, et l’exploitation par certains (rigoristes) des livres de ces religions en vue de réaliser leurs buts néfastes”, a déclaré Recep Tayyip Erdogan, le président turc.
“C’était toutefois le moment pour le chef de l’Etat de fermer et d’apaiser la porte aux rigoristes, radicaux plutôt que de créer une plus grande marginalisation et une plus grande polarisation, qui ne peuvent désormais que mener à l’extrémisme, en encourageant la publication de caricatures visant principalement la religion musulmane et son saint Prophète, Mohammed”, ajoute-t-il.
En outre, le chef de l’Etat turc avait violemment réagi, il y a environ deux semaines, à la volonté de l’exécutif de porter un projet de loi sur “le séparatisme” et d’interdire les prières de rue durant les horaires de prière France.