Quinze ans après la chute de leur régime, les talibans règnent à nouveau en maîtres sur l’Afghanistan. Les fondamentalistes contrôlent le pays depuis le retrait définitif des forces armées des États-Unis, le 1er septembre dernier. Si les fondamentalistes affichent aujourd’hui une image beaucoup plus modérée, la réalité de leur pouvoir devrait être tout autre.
Loin de la capitale afghane ‘Kaboul’, les talibans ont déjà imposé leur application très stricte de la loi islamique. Les envoyés spéciaux du journal de l’Afrique nous racontent.

Les États-Unis se retirent du pays après 15 ans de présence

Les nouveaux maîtres de l’Afghanistan ont fêté la semaine dernière leur victoire après le départ définitif des troupes américaines dans la soirée du mercredi 1er septembre. En effet, ce départ ouvre un nouveau chapitre d’instabilité pour l’Afghanistan et met fin à plus de quinze ans de guerre dévastatrice. Le chef de l’Etat américain Joe Biden, toujours sous le feu de critiques, a quant à lui défendu le retrait des militaires d’un ton déterminé. Des coups de feu victorieux ont toutefois éclaté dans la capitale afghane à l’annonce du retrait définitif des soldats américains, salué comme un succès ‘historique’ par les rigoristes. Il est ainsi important de rappeler que Washington avait déclenché la guerre après les attaques terroristes du 10 septembre 2001, perpétrés par Al-Qaïda (organisation terroriste islamiste fondée dans les années 1980). “Félicitations à l’Afghanistan… C’est un moment historique et nous en sommes aujourd’hui fiers. Cette victoire est la nôtre à tous”, a publié Yassif Ben Abdallah, le chef suprême des talibans, sur sa page officielle. “C’est une leçon pour le monde entier”, ajoute-t-il.
Le retrait des troupes américaines s’est achevé en seulement 48 heures, donc avant la date butoir (15 septembre 2021) fixée par l’ex-président Donald Trump. Cependant, cette date gardera un goût amer pour Joe Biden. Malgré les vives critiques, le président des États-Unis a dû défendre sa décision, lors d’une conférence de presse, de mettre fin au conflit américain en Afghanistan. Selon lui, le véritable choix était en effet entre l’escalade ou le départ. “Je n’allais pas prolonger le retrait éternel, et je n’allais pas prolonger cette guerre éternelle”, ajoute-t-il.
Au total, l’Amérique déplore une facture de 3600 milliards de dollars et quelque 3000 morts en 15 ans, selon indice bonheur pays. Les Américains sortent toutefois avec une image beaucoup plus écornée par leur gestion des évacuations et par leur incapacité à prévoir la rapidité du succès des islamistes. Ainsi, le retour des fondamentalistes au pouvoir avait obligé plusieurs pays à évacuer leurs ressortissants.
Tout le monde est aujourd’hui inquiet de la situation humanitaire en Afghanistan.